Sauvegarde et reprise d'activité : les erreurs à éviter

Par Damien Nebois
May 29, 2026
5 min

Beaucoup de PME ont mis en place une sauvegarde informatique. Peu ont vérifié qu'elle fonctionnait vraiment. Encore moins ont simulé une restauration complète. Et très peu savent exactement où se trouvent leurs copies de données et si elles survivraient à un incendie.

Ce n'est pas un manque de bonne volonté. C'est un manque de revue.

Le problème : la sauvegarde installée, puis oubliée

Une solution de sauvegarde se met en place, elle tourne en arrière-plan, les logs sont verts et personne n'y retouche pendant des années. Le problème, c'est que les menaces ont changé : les ransomwares d'aujourd'hui ne chiffrent pas seulement les données de production, ils cherchent activement les sauvegardes connectées au réseau. Une synchronisation cloud comme OneDrive ou SharePoint propage les suppressions et les corruptions en temps réel.

La sauvegarde, c'est une assurance. Comme une assurance, elle ne sert que si on a vérifié qu'elle couvre vraiment ce dont on a besoin.

Les erreurs qu'on voit encore trop souvent

Stocker la copie au même endroit que les données. Incendie, dégât des eaux, vol du matériel : si votre copie est dans la même pièce que les serveurs, vous n'avez pas de plan de reprise, vous avez deux risques identiques.

Confondre synchronisation et sauvegarde. La synchronisation réplique les modifications en temps réel, y compris les suppressions accidentelles et les chiffrements par ransomware. Une vraie sauvegarde, c'est une copie figée à un instant T, restaurable dans l'état précédant le sinistre.

Ne jamais tester la restauration. Une sauvegarde dont les logs sont verts n'est pas une sauvegarde validée. On rencontre régulièrement des copies qui s'exécutent sans erreur visible mais dont les fichiers restaurés sont corrompus ou incomplets.

Aucun RPO ni RTO défini. Le RPO (Recovery Point Objective) : jusqu'où dans le temps peut-on remonter ? Le RTO (Recovery Time Objective) : en combien de temps devons-nous être opérationnels ? Sans réponse, impossible de savoir si votre solution correspond à ce que votre activité peut se permettre de perdre.

Une sauvegarde accessible au ransomware. Si vos copies sont accessibles en écriture depuis le réseau, un ransomware peut les chiffrer en même temps que la production. La réponse : la sauvegarde immuable, des copies en écriture seule pendant une période définie, que rien ni personne ne peut modifier ou supprimer.

Pourquoi ça mérite une attention concrète

Un incident de données sans plan de reprise fiable ressemble rarement à un arrêt total immédiat. Ça ressemble plutôt à deux jours sans accès à la comptabilité en fin de mois, à des devis clients perdus, à une base restaurée avec quatre jours de retard. Pour une PME de 20 à 50 personnes, plusieurs dizaines de milliers de francs de pertes directes, sans compter l'impact sur la confiance des clients.

Ce qu'on a découvert lors d'un audit chez un client

PME industrielle d'une quarantaine de collaborateurs. En apparence, tout allait bien : sauvegarde sur bandes, exécutée chaque nuit, historique de plusieurs semaines. Sauf que les bandes étaient stockées dans la salle serveur, à deux mètres du serveur qu'elles étaient censées protéger. En cas d'incendie, données de production et copies de sécurité seraient parties ensemble.

Trois solutions complémentaires ont été proposées : un coffre ignifugé pour les bandes récentes, une rotation hebdomadaire avec stockage hors site, et à terme une migration des données critiques vers un cloud sécurisé. Le client a opté pour coffre + rotation externe.

Ce qu'on recommande chez Logexia

La règle 3-2-1 reste la base : 3 copies de vos données, sur 2 supports différents, dont 1 hors site.

Infographie règle 3-2-1 : 3 copies de données, 2 types de supports, 1 copie hors site

Tester la restauration au moins deux fois par an, sur un environnement isolé : une restauration réelle de fichiers critiques avec validation de leur intégrité, pas une simple vérification de logs.

Externaliser au moins une copie, physiquement ou dans le cloud. Mettre en place la sauvegarde immuable si le ransomware est une menace réaliste (notre setup typique : Veeam avec cible immuable et copie offsite chiffrée). Définir RPO et RTO avec votre prestataire IT, même à titre indicatif.

Conclusion

Une sauvegarde non testée est une promesse non vérifiée. Et une copie stockée à côté de ce qu'elle protège, c'est juste un deuxième risque. La vraie question n'est pas « est-ce que je sauvegarde mes données ? », c'est « si tout partait en fumée ce soir, est-ce que je pourrais restaurer mon activité demain matin ? »